Les priorités des DAF pour 2026

Le cabinet PWC a publié son étude annuelle sur les priorités des directions financières pour 2026 et l’évolution de la fonction finance, face à un double enjeu de mouvement (poursuite des transformations) et d’exigence (environnement imprévisible et nécessité de maîtrise des coûts).

L’étude s’appuie sur une enquête menée auprès de 220 répondants et l’interview de 50 dirigeants financiers. Les répondants proviennent majoritairement d’ETI (47%) et de PME/TPE (39%), l’Industrie étant le secteur le plus représenté (24%).

Une légère baisse de confiance

L’étude se déroule dans un contexte économique français marqué par une forte imprévisibilité depuis 2025, avec une instabilité politique et géopolitique, un ralentissement économique européen et la persistance de déséquilibres publics (déficit public proche de 5,4% du PIB). Malgré cet environnement, la confiance des dirigeants financiers dans les perspectives de croissance de leur entreprise résiste, avec une résilience à court terme et un optimisme à moyen terme. Ainsi, le niveau de confiance à un an s’établit à 54% (en légère baisse de 2 points par rapport à 2025) et la confiance à trois ans atteint 70% (en hausse de 3 points par rapport à 2025).

Le principal levier de croissance anticipé par les entreprises pour 2026 est la croissance organique (70%), suivie par l’évolution du portefeuille de produits et services (40%), et la transformation technologique et l’innovation (39%).

Les principaux risques et les priorités stratégiques

Les directions financières (DF) anticipent principalement des risques de court terme pour 2026, au détriment des risques systémiques de moyen-long terme comme le climat. Parmi les risques les plus redoutés figurent l’instabilité politique, sociale et économique, citée en tête par 76% des répondants, la cybercriminalité (31%) et les difficultés de financement (29%). À l’inverse, le risque lié au changement climatique n’est cité que par 12%.

Les directions financières mettent en exergue trois priorités pour 2026 :

  1. Le Pilotage de la performance (avec des modèles plus précis et évolutifs).
  2. La Gestion du cash (sécuriser la liquidité et anticiper les besoins de financement).
  3. L’Efficacité des processus et de l’organisation (qui entre dans le Top 3 cette année pour la première fois).

Quel rôle pour l’IA ?

La technologie est perçue comme le premier levier pour améliorer la qualité, les délais et les coûts des processus financiers. Ainsi, 40% des répondants prévoient de consacrer plus de 10% du budget de leur direction à des projets de transformation en 2026. La dématérialisation reste la technologie la plus déployée (76%), mais l’IA enregistre la plus forte progression à 48%, soit une augmentation de 18 points par rapport à 2024.Pour 60% des répondants, l’IA aura un impact fort sur les activités de la DF. Concrètement, 72% ont initié des projets d’adoption de l’IA, mais seulement 3% ont une utilisation opérationnelle déployée à l’échelle d’un processus.

Gagner en réactivité dans la prise de décision est le bénéfice le plus attendu (82%) de l’IA, suivi par l’amélioration de la qualité des processus (63%) et l’efficacité des collaborateurs (60%).

Toujours plus de performance et d’efficience

La maîtrise des coûts reste bien sûr un enjeu essentiel : 86% des répondants anticipent une stabilité ou une baisse des coûts de la direction financière en 2026.

Sur ce terrain, la production du reporting et l’analyse de la performance représente le principal gisement de productivité potentielle (66%). Cela suppose que les données soient fiables : si 80% des DAF jugent satisfaisante la maîtrise des données financières, ce chiffre tombe à 40% pour les données extra-financières.

Côté points d’amélioration, 40% des répondants jugent que leur modèle de costing et de lecture de la profitabilité est peu fiable. De même, 71% des dirigeants financiers souhaitent mettre en place des tableaux de bord de pilotage du cash pour un suivi en temps réel, et 43% prévoient d’automatiser les prévisions de trésorerie. Globalement, près de 7 dirigeants sur 10 jugent que la culture cash est encore faible ou moyenne.

Un repositionnement stratégique et un focus sur les données extra-financières

Le rôle des directions financières devient de plus en plus stratégique, passant d’une fonction centrée sur l’historique et le reporting à un rôle de Business Partner focalisé sur l’avenir et la prédiction. C’est une tendance qui a déjà été observée lors des précédentes enquêtes.

Il s’agit, d’une de réinventer les modèles d’affaires, ambition perçue comme une question de survie à 10 ans pour 7 dirigeants sur 10. d’autre part, il convient d’intégrer encore plus les problématiques ESG : ainsi, 64% des DAF intègrent des éléments extra-financiers dans les reportings de gestion. Les facteurs qui influencent la réinvention des modèles d’affaires incluent l’évolution des attentes clients (64%), la pression concurrentielle (52%), et les évolutions réglementaires (43%).