Une étude réalisée par Cognizant auprès de 600 décideurs révèle que la personnalisation des solutions IA est désormais le critère numéro un dans le choix d’un partenaire technologique devant le prix et le retour sur investissement.
L’étude met en exergue un paradoxe : l’intelligence artificielle s’impose comme une priorité d’investissement de long terme : 91 % des entreprises prévoient d’augmenter leur budget IA dans les deux prochaines années et plus de la moitié y consacrent déjà plus de 10 millions de dollars par an. Pourtant, 63 % des organisations déclarent un écart significatif entre leurs ambitions et leurs capacités réelles à mettre l’IA en production.
Des blocages structurels qui résistent à la dépense
Les chiffres de l’étude sont éloquents : 33 % des décideurs citent les enjeux réglementaires et de conformité comme principal frein, 31 % peinent à démontrer un retour sur investissement tangible et 27 % font face à un déficit de compétences internes ou à des données insuffisamment préparées. Des contraintes que les budgets croissants ne résolvent pas mécaniquement.
L’IA « prête à l’emploi », un mythe coûteux
Face à ces difficultés, les entreprises expriment très clairement ne pas être à la recherche de solutions génériques. La capacité à proposer des réponses sur mesure, intégrées dans les architectures et les processus existants, est citée comme le premier critère de sélection d’un partenaire technologique avant le prix et le délai de déploiement. À l’inverse, les solutions « prêtes à l’emploi » figurent en tête des motifs d’élimination d’un prestataire lors des appels d’offres.
Exécution : les cabinets de stratégie distancés
Dans le choix de leurs partenaires pour l’adoption de l’IA, les entreprises font davantage confiance aux sociétés de services informatiques qu’aux grands cabinets de conseil en stratégie, avec un écart de 23 points. Si la notoriété de ces derniers reste un atout, leur crédibilité sur les phases d’implémentation concrète est jugée nettement inférieure.
Automatisation totale : un horizon qui recule
L’étude apporte également un éclairage nuancé sur la transformation des effectifs liée à l’implantation de l’IA dans les entreprises. Contrairement au discours ambiant sur le remplacement massif des salariés, les dirigeants anticipent une recomposition des organisations plutôt qu’une substitution. Sur l’ensemble des fonctions analysées, le taux d’automatisation complète le plus élevé attendu n’atteint que 20 %. Dans le service client, pourtant perçu comme l’un des secteurs les plus exposés, avec 76 % des dirigeants qui y voient une IA bientôt prédominante, seuls 9 % envisagent une automatisation totale.
Pour Long Le Xuan, Directeur Général France de Cognizant, « les entreprises ne manquent pas d’offres IA. Elles manquent de partenaires capables de faire le lien entre la technologie, les processus métier et la réalité opérationnelle. »
