L’époque de l’expérimentation débridée de l’intelligence artificielle semble terminée. Face à la pression croissante de leur direction, les DSI entament une véritable course à la rentabilité : l’objectif prioritaire n’est plus seulement de tester des technologies, mais de prouver et de livrer un retour sur investissement (ROI) tangible.
C’est le constat majeur qui ressort de la 25ème enquête annuelle State of the CIO 2026, menée auprès de 662 DSI et 249 responsables métiers.
Un bilan encore mitigé face au battage médiatique
Malgré l’engouement autour de l’IA, la concrétisation des gains financiers et opérationnels reste insaisissable pour de nombreuses organisations. L’étude révèle que seulement 19 % des répondants estiment que leurs initiatives en matière d’IA ont atteint ou dépassé les objectifs commerciaux. Pire encore, 18 % concèdent que moins d’un tiers de leurs cas d’usage répondent aux attentes initialement définies.
Les DSI pointent du doigt trois obstacles majeurs à la mise à l’échelle de l’IA :
- Le manque d’expertise interne (40 %).
- Des indicateurs de retour sur investissement (KPI) mal définis (32 %).
- Le flou persistant des stratégies d’IA au niveau de l’entreprise (31 %).
Restructuration et financements par étapes
Pour pallier ce manque de résultats, les entreprises se restructurent. La tendance est à la création de comités de pilotage interfonctionnels : 83 % des dirigeants informatiques confirment avoir mis en place (ou prévoir de le faire d’ici un an) ces structures chargées de prioriser les projets d’IA selon leur capacité à générer de la valeur.
Afin de mesurer le succès, les entreprises qui ont instauré des indicateurs de performance se concentrent principalement sur l’efficacité opérationnelle et l’amélioration des processus (40 %), devant la productivité des employés (34 %) et la réduction des coûts (30 %).
À l’inverse, l’impact direct de l’IA sur la croissance des revenus n’est mesuré que par 27 % d’entre elles. Pour maximiser ce ROI, certains experts préconisent des financements conditionnels par étapes, n’hésitant pas à stopper brutalement les projets qui manquent leurs objectifs d’étape.
Le DSI de 2026 : un profil hybride et sur-sollicité
Au cœur de cette transformation, le rôle du DSI évolue de manière spectaculaire pour devenir celui de « chef d’orchestre de l’IA ». 83 % des répondants voient désormais le DSI comme un véritable acteur du changement, capable de lier les objectifs métiers complexes avec les choix technologiques.
Cette redéfinition du rôle s’accompagne d’un élargissement des responsabilités. L’étude révèle que le DSI moyen cumule aujourd’hui 1,6 poste, endossant fréquemment des titres additionnels comme responsable de la sécurité (RSSI) ou responsable de l’IA (CAIO).
Si la sécurité des données et les risques cyber restent une priorité absolue pour 25 % des PDG, l’intégration de technologies telles que l’IA générative (67 %) ou l’IA agentique (65 %) redéfinit le métier de dirigeant informatique.
Comme le résume un expert cité dans l’étude, le DSI de 2026 est devenu un hybride : « à moitié architecte opérationnel, à moitié directeur des risques »
