Une nouvelle étude de Gallup, basée sur un échantillon représentatif de plus de 23 000 salariés aux États-Unis, révèle une progression constante de l’usage de l’intelligence artificielle dans le cadre professionnel, bien que l’adoption s’accélère, des disparités importantes subsistent selon les secteurs d’activité et le niveau de responsabilité des salariés.
Une progression marquée de l’usage quotidien et hebdomadaire
Entre le deuxième et le troisième trimestre de l’année 2025, la part des salariés américains utilisant l’IA au travail au moins quelques fois par an est passée de 40 % à 45 %. L’usage fréquent (au moins quelques fois par semaine) a également progressé, atteignant 23 % (contre 19 % précédemment). Toutefois, l’usage quotidien demeure encore restreint, ne concernant que 10 % de la main-d’œuvre globale.
Un clivage sectoriel persistant
L’étude souligne une fracture nette entre les métiers dits « de la connaissance » et les postes dits « de première ligne ». Ainsi, l’usage de l’IA est dominant dans la technologie (76 %), la finance (58 %) et les services professionnels (57 %). Mais l’adoption est nettement plus faible dans le commerce de détail (33 %), la santé (37 %) et l’industrie manufacturière (38 %).
Le paradoxe de l’incertitude organisationnelle
L’un des points les plus frappants de l’étude est le manque de clarté concernant les stratégies d’entreprise. Environ 23 % des salariés ignorent si leur organisation a officiellement mis en œuvre l’IA.
Ce chiffre cache une disparité hiérarchique : alors que seulement 7 % des dirigeants se disent dans le flou, ce taux grimpe à 26 % chez les contributeurs individuels. Cet écart suggère que de nombreux salariés utilisent des outils d’IA personnels ou agissent sans avoir connaissance d’une stratégie globale définie par leur direction.
Comment et pourquoi l’IA est-elle utilisée ?
Les motivations derrière l’utilisation de l’IA sont restées stables depuis 2024. Les salariés s’en servent principalement pour :
- Synthétiser des informations (42 %).
- Générer des idées (41 %).
- Apprendre de nouvelles choses (36 %).
En termes d’outils, les chatbots ou assistants virtuels dominent largement le marché (plus de 60 % des utilisateurs), suivis par les outils de rédaction et d’édition (36 %). Les outils plus spécialisés, comme l’assistance au codage (14 %) ou l’analyse de données, restent l’apanage des utilisateurs les plus fréquents.
Les clés d’une adoption réussie : le rôle des managers
L’étude conclut que la simple mise à disposition de la technologie ne suffit pas. L’adoption généralisée et efficace de l’IA est fortement liée au soutien managérial et à l’intégration stratégique de l’outil dans les fonctions spécifiques de chaque salarié. Gallup recommande aux entreprises d’adopter une approche « centrée sur l’humain », en renforçant la confiance et les compétences des collaborateurs pour garantir une productivité à long terme.

