Innovation : un impératif mais des freins significatifs

Une étude réalisée par RS Group de 567 décideurs en France, en Italie et au Royaume-Uni, explore comment les entreprises considèrent l’innovation.

La France se distingue par une prise de conscience particulièrement aiguë : innover n’est plus une option, c’est une condition de survie. La majorité des dirigeants en France (92%) s’accordent à dire que l’innovation est importante pour aider leur entreprise à rester compétitive et plus de 84% déclarent que sans innovation, leur entreprise ne pourrait pas survivre. Un chiffre qui place l’Hexagone loin devant le Royaume-Uni (62 %) et même devant l’Italie (80 %), pourtant elle aussi sensibilisée à l’enjeu.

Par ailleurs, 80 % des décideurs français estiment que l’innovation est aujourd’hui plus difficile qu’il y a cinq ans. Une perception qui reflète sans doute l’augmentation des contraintes réglementaires, la rareté des compétences et les défis liés à la transition énergétique. Cette pression est palpable dans les réponses : 84 % des décideurs français admettent que le maintien de la compétitivité les empêche littéralement de dormir la nuit.

À la question « Votre organisation est-elle prête à faire face à de futures disruptions ou défis sectoriels ? », la réponse est globalement positive : 94 % des industriels se disent prêts, un chiffre équivalent à celui des autres secteurs étudiés.

La perception de la concurrence au niveau sectoriel montre que pour les acteurs de la construction (58 %) et de l’énergie (62 %), les concurrents sont majoritairement locaux. Dans l’industrie manufacturière, en revanche, ce sont les entreprises européennes (49 %) qui dominent légèrement par rapport aux concurrents locaux (47 %) en tant que principales sources de compétition.

IA, IoT, cybersécurité et CleanTech prioritaires pour les entreprises  

Seulement 9 % des dirigeants interrogés qualifient leur infrastructure technologique de « très avancée ». Ce chiffre place la France devant l’Italie (7 %), mais derrière le Royaume-Uni (14 %).

Les répondants identifient clairement les freins à la transformation digitale, notamment la dépendance aux systèmes et processus hérités et vieillissants.

Autrement dit, si la volonté de transformation est présente, les bases technologiques restent à consolider pour accompagner l’innovation et rester compétitives. Mais où les entreprises concentrent-elles leurs efforts ?

Les freins à l’innovation

Les freins à l’innovation sont à la fois externes et internes. Du côté des premiers, Les forces extérieures constituent un frein net à l’innovation. Aucun acteur de la construction, de l’énergie ou de la fabrication ne déclare être totalement exempt de défis externes.

La volatilité du marché et les conditions économiques sont les principaux défis externes en France, particulièrement pour le secteur de l’énergie et des services (52 %), devant l’industrie (49 %) et la construction (48 %). Ce constat montre que ces entreprises évoluent dans un contexte macroéconomique complexe qui influe sur leurs stratégies d’innovation. A noter que la volatilité du marché, bien qu’importante, est perçue comme moins critique dans un pays comme le Royaume-Uni (34 %) par exemple.

Pour l’industrie en particulier, le manque de financement externe est cité par 49% des répondants. Ce chiffre illustre un réel malaise en France en particulier où l’innovation industrielle est freinée par un manque criant d’investissements externes privés.

Quant aux freins internes, malgré une culture d’innovation souvent jugée positive, les entreprises doivent aussi y faire face.

Trois freins principaux se dégagent. D’abord, la résistance au changement. C’est l’un des principaux obstacles internes dans tous les secteurs, particulièrement dans l’industrie manufacturière (47 %) et l’énergie (45 %). Cette résistance culturelle ralentit l’adoption de nouvelles technologies, freine le déploiement des pilotes et complique la montée en charge des innovations.

Ensuite, les contraintes budgétaires. C’est un défi critique surtout dans l’énergie (48 %) et la fabrication (44 %). Dans des secteurs à faible marge, les limitations financières freinent l’investissement dans la R&D, les projets pilotes ou l’adoption de technologies innovantes.

Enfin, le manque de compétences et d’expertises. C’est un frein important pour le secteur de l’énergie (50 %) mais aussi dans les autres secteurs. Les écarts de compétences entre collaborateurs spécialisés et la pénurie de talents dans les technologies du futur (IA, IoT, robotique, data, développement durable, cybersécurité) compliquent la mise en œuvre et la gestion des projets d’innovation.


Pour en savoir plus sur cette étude et télécharger les résultats : https://fr.rs-online.com/web/content/blog-discovery/maintenance/innovation-dans-l-industrie-francaise