Modernisation des applications : les entreprises accélèrent, mais avec des contraintes

Le Club de la Presse B2B a organisé, le 17 décembre 2025, un débat sur la modernisation des applications. Problématiques majeures pour toutes les organisations, l’obsolescence du système d’information, le vieillissement des infrastructures, le manque d’automatisation contribuent à la dette technologique que doivent supporter toutes les entreprises, sans qu’elles en aient d’ailleurs toujours conscience.

Les entreprises ont accéléré la modernisation de leurs applications en 2025, constate le cabinet IDC. C’est devenu le deuxième priorité, derrière la cybers sécurité, alors qu’elle ne figurait qu’à la cinquième place en 2023. Parmi les applications les plus concernées à l’horizon fin 2026 : la gestion des données, l’intégration, les applications cœur de métier (finance, RH, CRM…), les applications propriétaires, la logistique et les systèmes legacy. « Le nerf de la guerre, c’est d’accélérer le Go-to-market, sachant qu’il y aura toujours des systèmes Legacy. Rappelons-nous que, au début des années 2000, on nous prédisait la fin des mainframes, mais ils sont toujours là ! », estime Christophe François, Region Sales Director chez Veeam.

L’enjeu devient crucial, car « la dette technique s’accumule et devient encombrante, dans un contexte de contraction budgétaire », souligne Cyrille Chausson, Research Manager chez IDC. Selon les analystes, à l’ère de l’IA, les entreprises européennes dépensent plus de 50 % de leurs budgets IT dans la maintenance et la modernisation de leurs systèmes Legacy. et la conformité capte 21 % des budgets IT. A l’inverse, seulement 27 % des budgets sont dédiés à l’innovation. « l’agilité des workloads est essentielle pour favoriser une harmonisation efficace et continue des activités et des métiers », rappelle Cyrille Chausson.

Malheureusement, la complexité des systèmes d’information (pour 36 % des entreprises) et le manque de compétences (33 %) constituent deux obstacles majeurs à la modernisation, devant la résistance au changement, l’insuffisance des budgets, le manque de gouvernance, la difficulté à démontrer le ROI et la manque de documentations.

Comment procéder ? Sur le plan stratégique, il faut considérer, rappelle Cyrille Chausson, que « la modernisation n’est pas une aventure mais une roadmap à long terme et le chemin n’est pas uniforme, il faut tenir compte des besoins métiers et des priorités stratégiques des entreprises. Avec de l’agilité et de la granularité des workloads. »

En outre, prévient Josselin Fournier, directeur de l’offre cloud chez Adista, « Il ne faut pas moderniser pour des mauvaises raisons, par exemple pour se débarrasser. »

Pour Sylvain Letourmy, Business Development Leader Applications chez Oracle, « Moderniser, c’est travailler de façon plus fluide et plus transparente, avec un désilotage et une approche d’innovation qui ne soit plus exclusivement incrémentale. Avec qui privilégie l’interopérabilité et la modularité. »

« L’idée est faire maigrir les applications, il y a trop de code non utilisé. Il faut commencer par définir les priorités, l’analyse de risques et débuter par les applications les moins critiques », recommande Mos Amokhtari, Senior Manager Specialist Solutions Architects chez Red Hat.

Sans oublier, ajoute Cyrille Chausson, le principe selon lequel « on peut difficilement moderniser sans faire évoluer les processus et sans embarquer les métiers. »

Il ne suffit donc pas de décréter la modernisation pour la déployer, encore faut-il considérer la cartographie applicative, définir une stratégie de migration en fonction de chaque application, anticiper les problématiques de compétences/formations et appréhender les piliers techniques indispensables pour réussir (cloud computing, DevOps, Kubernetes, IA…).