Une étude d’Ivanti, sur la DEX (expérience numérique des collaborateurs), basé sur une enquête auprès de 3 300 professionnels IT, révèle un paradoxe : alors que les organisations accélèrent leurs investissements dans l’intelligence artificielle, les collaborateurs peinent encore à en percevoir les bénéfices en matière de productivité et de satisfaction.
Dans les trois prochaines années, 92 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs investissements dans l’IA, d’après McKinsey. Cependant, l’étude Ivanti affirme que seulement 21 % des collaborateurs estiment que l’IA améliore significativement leur productivité. « À l’ère de l’IA, le stress numérique menace de neutraliser les gains attendus, en exacerbant les problèmes techniques et en ayant effet corrosif sur la productivité des employés », expliquent les auteurs de l’étude.
Ainsi, chaque mois, un employé subit en moyenne 3,6 interruptions technologiques et 2,7 perturbations liées aux mises à jour de sécurité. À l’échelle d’une entreprise de 2 000 collaborateurs, cela équivaut à une perte annuelle de productivité de presque 4 millions de dollars.
Les outils numériques sur le lieu de travail se multiplient bien plus rapidement que les collaborateurs n’arrivent à les maîtriser. Près de la moitié affirment devoir se former seul aux nouvelles technologies, ce qui est source de frustration pour eux et d’inefficacité pour l’entreprise. Ainsi, parmi les 93 % d’entreprises qui n’ont pas interdit l’utilisation de l’IA, seules 40 % ont assuré une formation et 24 % prévoient d’en proposer prochainement.
Parmi les principales conclusions de l’étude :
– L’autonomie technologique devient essentielle. En moyenne, les collaborateurs de bureau attribuent seulement la note « B- » à leurs outils de travail. Plus révélateur encore, 65 % d’entre eux disent que la frustration liée à ces outils a un effet négatif sur leur humeur et leur moral.
– Le choix des périphériques constitue également un point sensible : 67 % estiment qu’il est important d’avoir leur mot à dire sur les périphériques qu’ils utilisent, mais seulement 36 % bénéficient actuellement de cette liberté.
– L’IA transforme le centre de support, le faisant sortir du cycle panne-réparation qui définissait le support IT depuis des décennies. Si la majorité des entreprises ont déjà automatisé les opérations IT de base comme la gestion des correctifs de sécurité (72 %) et le routage des tickets IT (67 %), il reste encore beaucoup à faire.
– Près de 40 % des organisations n’ont toujours pas automatisé la réinitialisation des mots de passe, manquant ainsi une opportunité facile d’amélioration qui pourrait éliminer des quantités de tickets de support de routine.
