Le coût croissant de la conformité logicielle

Une enquête conjointe d’Azul et de l’ITAM Forum, réalisée auprès de 500 professionnels de l’ITAM et de la gestion des actifs logiciels (SAM), met en lumière le coût croissant des erreurs liées aux licences logicielles : 27 % des entreprises dépensent désormais plus de 500 000 dollars chaque année pour corriger les problèmes de non-conformité. Par ailleurs, Oracle Java reste une source majeure d’inquiétude, avec 73 % des répondants ayant subi un audit Oracle Java au cours des trois dernières années et près de 80 % affirmant avoir migré ou envisager de migrer vers des alternatives Java open source pour réduire leurs risques et coûts.

Des architectures hybrides qui complexifient la conformité

Avec la généralisation des architectures cloud hybrides et la multiplication des applications, les conditions d’utilisation imposées par les éditeurs se sont complexifiées, rendant la conformité logicielle plus difficile à maintenir. L’enquête révèle que les entreprises peinent à suivre précisément l’utilisation de leurs logiciels, que ce soit en local ou dans le cloud, ce qui augmente les risques en cas d’audit. Ainsi, les fonctions ITAM/SAM deviennent aujourd’hui cruciales pour maîtriser les budgets, limiter les sanctions en cas d’audit et guider les décisions stratégiques en matière de technologie.

Les entreprises semblent dépassées par la gestion des licences, selon l’étude. Ainsi, 37 % des répondants estiment que la conformité des licences est le principal défi auquel leur organisation est confrontée. De même, 25 % soulignent la complexité des configurations logicielles, qui complique le suivi de l’utilisation réelle. En outre, 29 % indiquent que leur entreprise a du mal à gérer les installations et usages des logiciels dans les différents environnements (cloud/local).

D’autres difficultés sont citées par les entreprises, en particulier la mauvaise coordination entre les équipes IT, développement, juridique et achats (27 %), le manque de ressources pour gérer efficacement les licences (24 %), la hausse des coûts de renouvellement, maintenance, etc. (24 %) ainsi que la difficulté à suivre l’évolution des politiques des éditeurs (23 %).

Des audits logiciels fréquents, coûteux et perturbants

Les trois-quarts des entreprises gèrent leurs audits en interne. Pourtant, elles rencontrent des difficultés à maintenir des enregistrements précis, à comprendre les conditions complexes des licences ou encore à produire des indicateurs fiables de conformité.

Globalement, 81 % mènent au moins deux audits par an, 25 % en réalisent en continu. Environ un quart subissent des pénalités financières ou des actions juridiques fréquentes.

Les conséquences les plus citées des audits sont les suivantes :

  • Des perturbations opérationnelles majeures
  • Des dépassements budgétaires
  • Des changements d’éditeurs
  • Des projets mis en pause

Oracle Java : un déclencheur de migrations massives

La quasi-totalité des entreprises (96 %) se disent préoccupés par la politique tarifaire et de licences d’Oracle. En cause : son modèle de tarification basé sur le nombre d’employés, qui contraint les entreprises à investir dans de nouveaux outils de suivi, d’audit et de supervision.

Résultat : 79 % ont déjà migré, sont en cours de migration ou envisagent de passer à des alternatives Java open source. Une entreprise sur deux cite la sécurité et la fiabilité comme première motivation, devant la réduction des coûts (42 %), la simplicité et la conformité (40 %).

Parmi ceux ayant déjà migré, 57 % ont mis en avant la sécurité comme principal facteur de décision. Les deux-tiers  estiment qu’ils peuvent économiser au moins 40 % sur les coûts de licences Java en optant pour l’open source. Seul 1 % ne s’attend à aucune économie.