Blockchain : un levier de croissance pour les services financiers

La Blockchain constitue une rupture technologique majeure du XXIème siècle. Car c’est la première fois que l’on peut se passer d’intermédiaires pour créer de la valeur. Rappelons que la Blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, fonctionnant sans organe central de contrôle. Concrètement, la Blockchain est une vaste base de données qui regroupe l’historique de toutes les transactions entre ceux qui l’utilisent. Les échanges sont ainsi enregistrés en quasi temps réel et cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

Les services financiers, des pionniers….

Les services financiers représentent l’un des secteurs dans lequel la Blockchain trouve tout son sens. Et ont été les pionniers dans son adoption. Parce qu’elle change les règles du jeu, notamment en ouvrant de nouveaux marchés, parce qu’elle constitue un levier d’efficience et d’efficacité, et parce qu’elle est au cœur de l’ADN des services financiers : la confiance, basée sur des contrats avec les clients et les partenaires. C’est également l’ADN de la Blockchain.

Quels prérequis ?

Si le constat est clair, plusieurs prérequis doivent être intégrés. D’abord, le fait que la Blockchain nécessite de développer une réelle culture de la collaboration dans les organisations. Cette culture est basée sur le fait qu’il faut penser avant tout « écosystème », avec les partenaires, les clients et les concurrents, et moins privilégier une posture interne. Autrement dit, accepter l’idée que la performance d’un écosystème profite à toutes ses parties prenantes.

Ensuite, la Blockchain doit être avant tout considérée comme un impératif stratégique et non comme une simple approche tactique visant à maximiser obligatoirement un ROI. En effet, les entreprises qui mettent en œuvre la Blockchain peuvent ne pas être en mesure d’évaluer avec précision les avantages d’un tel projet, car de nombreux résultats se manifesteront à long terme, dont certains n’auront pas été anticipés. Toutefois, avec la Blockchain, il est bien sûr possible, à court terme, d’adapter les processus métiers et les infrastructures technologiques, sans pour autant les refondre complètement, afin de gagner en efficience.

Enfin, le choix de la plateforme est essentiel. Face à la diversité qui coexistent sur le marché, il faut éviter de s’enfermer dans des technologies propriétaires et consacrer le temps nécessaire à une évaluation comparative.

Un chemin en cinq étapes

La mise en œuvre de la Blockchain nécessite de changer de point de vue concernant la concurrence, les modes de collaboration, l’inaltérabilité, l’intégrité des processus, la confidentialité et la transparence. Comment, concrètement, intégrer la Blockchain ? Cinq étapes sont essentielles :

  1. Comprendre la Blockchain et identifier les opportunités d’innovation. L’impératif stratégique impose, avant de lancer des initiatives, de réfléchir aux enjeux, aux opportunités et à la création de valeur associés à la Blockchain.
  2. Expliciter la stratégie, déclinée en un plan d’action réaliste. Dans la mesure où la Blockchain bouleverse l’organisation, restructure les processus métiers, transforme les compétences et renouvelle les business models, le temps consacré, en amont, à cette phase de réflexion, permet de solidifier les fondations sur lesquelles une entreprise capitalisera sur la Blockchain.
  3. Elaborer un prototype. Cette approche présente l’avantage de démontrer concrètement ce qu’il est possible de faire avec la Blockchain. Les entreprises peuvent d’ailleurs s’inspirer des expériences d’autres entreprises.
  4. Co-créer avec des partenaires pour accélérer la mise en œuvre de la Blockchain. La chaîne de valeur intègre, par définition, une diversité de parties prenantes avec lesquelles il est toujours pertinent de co-créer pour gagner en efficacité.
  5. Intégrer la Blockchain dans les systèmes d’information existants. La Blockchain n’est jamais exogène à un système d’information existant, elle doit se fondre dans les architectures et s’intégrer dans les processus. En limitant la complexité, car la Blockchain ne s’intègre pas comme un simple logiciel, elle agit sur les dépendances des multiples composants d’un