DSI : la fin de l’état de grâce ?

Longévité en baisse, accélération des départs précoces et pression d’exécution : une étude menée par l’Observatoire du DSI français auprès de 9 300 DSI révèle une mutation profonde.

Une espérance de vie en chute libre

La durée de vie médiane d’un DSI s’établit à 3,8 ans. Mais la moyenne masque un phénomène alarmant : l’explosion des départs précoces. Ainsi, en 2008, 16 % des DSI partaient en moins de 2 ans. Mais pour la cohorte 2020-2021, ce chiffre a atteint 37 % (et 33 % en 2023). Un DSI sur deux nommé depuis 2019 quitte son poste avant 3 ans (contre un sur quatre en 2008).

Une fragilisation marquée pour les DG

Le DSI (3,8 ans) dure plus longtemps que le DAF (3,0 ans), mais moins que le DG (4,5 ans). Cependant, c’est le poste dont la stabilité se dégrade le plus vite. Il y a un effet de taille : plus l’entreprise est grande, plus le DSI part vite : 4,7 ans en PME contre 3,2 ans dans les grands groupes (5 000+ salariés).

On note également des disparités sectorielles et géographiques : Le secteur public offre la plus grande stabilité (4,9 ans), tandis que le Retail (3,2 ans) et les Télécoms/Médias (3,1 ans) usent leurs DSI au rythme le plus soutenu. À Paris, la médiane s’établit à 3,5 ans contre 3,9 ans en régions.

Interrogés sur leurs priorités, les DSI citent le management (61 %), la stratégie (38 %), le cloud (35 %), le budget (30 %) et la cybersécurité (28 %).

Lorsqu’un DSI quitte son entreprise, un sur deux reste DSI dans une autre entreprise et seulement 11 % accèdent à une direction générale.