Cloud : une dépendance accrue des entreprises

Dans le domaine des relations avec les fournisseurs, l’un des points de vigilance concerne le degré de dépendance pour les systèmes d’information. A mesure que l’usage du cloud se banalise, la dépendance des entreprises à l’égard des prestataires s’accentue. D’autant que le poids des trois plus grands (Amazon, Microsoft et Google) s’est encore renforcé : à eux trois, ils captent les deux-tiers du marché des infrastructures cloud, selon le cabinet américain Canalys.

Evidemment, ce qui devait arriver est arrivé, selon le principe que celui qui détient un pouvoir quelconque a, un jour ou l’autre, tendance à en abuser. Google Cloud a considérablement augmenté ses prix en octobre 2022 (de 50 à 100 % pour certaines offres). On retrouve aussi ce comportement chez les éditeurs qui disposent de parts de marché. Ainsi, SAP a annoncé une augmentation de 2,1 % du coût du support pour ses clients français. Microsoft a revu à la hausse ses tarifs pour Office 365 de 20 %. Certes, il y a l’effet de l’inflation, mais la tentation est grande de jouer la carte de la hausse des tarifs pour engranger plus de bénéfices.

Tous jouent de leur « Pricing Power », c’est-à-dire la capacité d’un fournisseur d’augmenter ses prix sans altérer les ventes. C’est le cas pour ceux qui sont en position de force sur un marché. Très souvent, la justification consiste à rassurer en affirmant : « Oui, ça augmente mais, en échange, vous avez accès à plus de services », dont on n’a généralement pas besoin. Un refrain que l’on entend aussi dans le grand public (les opérateurs de télécoms sont spécialistes). Hélas, il est très difficile de sortir des situations de dépendance, même si des alternatives existent.