Le cabinet Xerfi a publié une étude sur le marché de l’identité numérique à l’horizon 2030, réalisée par Vincent Chamouleau
Attendu pour 2026, le règlement eIDAS 2.0, devrait faciliter l’émergence d’un véritable marché européen de l’identité numérique. Chaque Etat membre devra en effet proposer un portefeuille d’identité numérique interopérable. Estimé en France à environ trois milliards d’euros, ce marché, qui couvre à la fois des usages grand public (e-administration, santé, achats en ligne) et professionnels (signature de contrats ou gestion des accès entre autres), va encore se développer avec l’essor des pratiques numériques dans tous les domaines de la vie courante. La hausse de la cybercriminalité et la réforme de la facture électronique feront le reste, de l’avis des experts de Xerfi.
Régulation et innovation technologique avancent ensemble. Le développement de solutions basées sur la biométrie, la cryptographie, les attestations vérifiables ou la blockchain s’accélère. Pour accompagner cette dynamique, les régulateurs français (CNIL, ACPR et ARCEP) définissent des cadres permettant à des start-up (comme ShareID en 2024) de tester la conformité technico-juridique de leurs solutions pour prouver son identité numérique en ligne dans un environnement sécurisé.
Investir dans la cybersécurité est coûteux mais obligatoire. Il s’agit de sécuriser de manière proportionnée et efficace, tout en anticipant les menaces les plus critiques.
Les acteurs doivent en outre veiller à l’expérience utilisateur car des dispositifs trop lourds ou trop complexes risquent de décourager leur adoption. En clair, l’objectif est de rendre la sécurité « invisible » pour l’usager, en combinant des dispositifs robustes et ergonomiques.
La quasi-totalité de la population française est désormais connectée et les démarches en ligne sont devenues la norme dans l’administration, la santé ou les achats. Des dispositifs comme la Carte nationale d’identité électronique (CNIe) et l’application France Identité ont joué un rôle structurant avec leurs solutions d’authentification forte et de signature électronique reconnue, participant à la montée en puissance d’un écosystème de confiance régalien. Une dynamique comparable est à l’œuvre dans la sphère professionnelle. Si les grandes entreprises et ETI ont déjà toutes adopté des solutions de facturation électronique, c’est le cas de seulement 30% des TPE/PME. De quoi amplifier la demande en solutions professionnelles robustes.
Encore fragmenté entre acteurs publics (IN Groupe, La Poste), groupes industriels (Thales, Idemia) et start-up technologiques (IDAKTO entre autres), le marché de l’identité numérique est en cours de structuration. Cela passe par des rapprochements (IN Groupe et Idemia), ou encore le rachat de pépites tricolores par des groupes européens (comme Ariadnext par IDnow par exemple). Ce mouvement de consolidation devrait permettre à certains opérateurs, européens selon toute vraisemblance, de sécuriser les technologies/dispositifs requis par eIDAS 2.0.
